La contestation gagne aussi la France : un collectif marseillais dénonce un projet de data center « très consommateur en eau et en électricité »

L’essentiel en bref

  • La police néerlandaise fait état de 150 à 200 interpellations après l’occupation, le 6 novembre 2026, du chantier d’un data center Microsoft à Amsterdam.
  • La campagne « Stop Dirty Data Centres » a coordonné des actions dans au moins 15 pays ce week-end-là.
  • À Marseille, un collectif réunissant La Quadrature du Net, Technopolice et le collectif des Gammares s’oppose à un projet de data center de Digital Realty sur l’ancien site d’un silo à sucre.

Vendredi, des centaines de militants ont envahi le chantier d’un data center Microsoft à Amsterdam : la police néerlandaise a annoncé 150 à 200 interpellations. En France aussi, des collectifs locaux s’opposent à l’implantation de nouveaux data centers.

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La police néerlandaise a indiqué que les personnes interpellées étaient soupçonnées de violation de propriété. Microsoft a déclaré avoir eu connaissance de la manifestation, respecter le droit à la contestation pacifique, mais ne tolérer aucun acte illégal ni action mettant en danger des personnes.

Selon les organisateurs, cette action à Amsterdam ouvrait deux journées de mobilisation à l’échelle européenne contre l’expansion rapide des data centers pour le cloud et l’intelligence artificielle. En France, cette question n’est pas théorique : plusieurs projets suscitent déjà une contestation locale, notamment à Marseille.

Chantier occupé, grue, fumigènes

Dans le quartier de Sloterdijk à Amsterdam, plusieurs centaines de manifestants ont envahi vendredi après-midi le chantier d’un data center Microsoft en cours de construction. Certains sont montés sur une grue de chantier et ont allumé des fumigènes ; des heurts ont eu lieu avec la police. Les forces de l’ordre ont évacué le site en fin d’après-midi.

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L’action a été organisée par le groupe néerlandais « Geef Tegengas » (« Push Back »). La campagne « Stop Dirty Data Centres » revendique la participation d’une centaine d’organisations dans 15 pays, réunies pour la première fois ce week-end à l’échelle européenne, notamment à Londres et à Vienne.

Marseille : un data center « très consommateur en eau et en électricité »

En France, l’opposition la plus visible se joue à Marseille. L’entreprise américaine Digital Realty prépare un nouveau data center sur l’ancien site d’un silo à sucre, près des points d’atterrage de câbles sous-marins qui font de la ville un hub stratégique pour internet. Un collectif baptisé « Le nuage était sous nos pieds », qui réunit La Quadrature du Net, Technopolice et le collectif des Gammares, a tenu une conférence de presse pour dénoncer un projet jugé « très consommateur en eau et en électricité », dans une métropole où ces deux ressources sont déjà sous tension.

Le collectif rejoint la municipalité de Marseille, qui avait déjà délibéré pour encadrer plus strictement l’implantation de data centers sur son territoire. Les opposants contestent aussi le statut d’« infrastructure d’intérêt national majeur », qui donne à l’État le dernier mot sur ce type de projet, et réclament un contrôle municipal des infrastructures numériques. Ni l’État ni Digital Realty n’ont réagi publiquement à ces critiques selon les informations disponibles.

« Cela peut localement avoir des effets réellement désastreux. »

Linda Klapdor, experte de Greenpeace, à propos de la consommation d’eau des data centers

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Allemagne : 13 milliards de litres aujourd’hui, jusqu’à 27 milliards en 2030

C’est en Allemagne que l’ampleur du phénomène a été chiffrée le plus précisément jusqu’ici. Selon une étude de l’Öko-Institut pour Greenpeace (en allemand) publiée le 2 novembre 2026, les data centers allemands ont consommé environ 13 milliards de litres d’eau de refroidissement en 2025 — l’équivalent, selon l’étude, des besoins en eau potable d’environ 275 000 personnes. D’ici 2030, ce volume pourrait doubler pour atteindre jusqu’à 27 milliards de litres par an, sous l’effet de la hausse de la consommation électrique liée à l’intelligence artificielle.

La fédération allemande du numérique Bitkom relativise ce constat : selon un registre européen, la consommation d’eau par kilowattheure de puissance raccordée serait passée de 0,55 en 2023 à 0,4 en 2025, et 65 % des data centers allemands afficheraient déjà une consommation d’eau directe « très faible ».

Ce que les riverains peuvent vérifier face à un projet de data center

  • Quelle technologie de refroidissement est prévue, et une étude d’impact environnemental incluant la ressource en eau a-t-elle été publiée ?
  • Quelle puissance de raccordement, en mégawatts, est envisagée, et quelle est la source d’eau prévue pour le refroidissement ?
  • Existe-t-il une enquête publique, et quand se termine la période de recours ?
  • Que dit le gestionnaire local de l’eau ou du réseau électrique sur les capacités disponibles et le risque de sécheresse ?

Quel rôle la consommation d’eau et d’électricité des data centers devrait-elle jouer dans le choix d’implantation près de chez vous ? Dites-le-nous en commentaire.

Questions fréquentes

Pourquoi des militants ont-ils manifesté contre le data center Microsoft à Amsterdam ?

Les manifestants dénoncent l’expansion rapide des data centers pour le cloud et l’intelligence artificielle, en particulier leur consommation d’électricité et d’eau, ainsi que le manque de contrôle public. La police néerlandaise a annoncé 150 à 200 interpellations pour violation de propriété.

Y a-t-il une contestation similaire en France ?

Oui. À Marseille, un collectif local s’oppose à un projet de data center de Digital Realty, jugé trop consommateur en eau et en électricité, et la municipalité souhaite encadrer plus strictement ces implantations.

Combien d’eau consomment les data centers en Allemagne ?

Selon une étude réalisée pour Greenpeace, environ 13 milliards de litres en 2025, un chiffre qui pourrait atteindre 27 milliards de litres en 2030.

La filière du numérique partage-t-elle ce constat ?

Non. La fédération allemande Bitkom souligne que la consommation d’eau par data center diminue et que 65 % des installations allemandes en consomment déjà très peu.

Sources et date

Recherche et données à jour au 7 novembre 2026.

Note de transparence : des outils assistés par l’IA ont été utilisés pour la recherche, la structuration et la rédaction de cet article. Les sources utilisées sont indiquées dans l’article. La publication n’intervient qu’après validation éditoriale manuelle. Version pour la France d’un article de Tendances du Net, adaptée au contexte français.

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