L’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie pourraient rejoindre la zone « Roam Like at Home » de l’UE – mais aucune date n’est fixée, et le tarif habituel s’applique toujours pour les clients français.
L’essentiel en bref
- La Commission européenne a ouvert le 6 novembre 2026 des négociations bilatérales avec six partenaires des Balkans occidentaux pour étendre le roaming sans frais supplémentaires.
- Pour les clients d’Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free ou tout autre opérateur français, rien ne change dans l’immédiat : aucune date d’entrée en vigueur n’est fixée.
- Avant toute adhésion, chaque pays partenaire doit reprendre intégralement les règles européennes de roaming et prouver qu’il peut les faire respecter.
Téléphoner, envoyer des messages et utiliser des données mobiles dans les Balkans occidentaux sans surcoût : cet objectif se rapproche, mais n’est pas encore atteint. La Commission européenne négocie désormais avec l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie. Pour un prochain voyage, ce n’est toutefois pas encore un blanc-seing : tant que les accords ne sont pas conclus et appliqués, les tarifs habituels de chaque opérateur français restent en vigueur.
Cette annonce dessine une perspective pour de futurs voyages, des contacts familiaux ou des déplacements professionnels, pas un changement tarifaire immédiat. Avant un départ vers l’un de ces six pays, mieux vaut vérifier la zone tarifaire dans l’application ou le forfait de son opérateur : les Balkans occidentaux ne font pas automatiquement partie de la zone « Europe » couverte par le forfait.
Six négociations séparées, pas un élargissement immédiat
La Commission européenne a annoncé le 6 novembre avoir ouvert les négociations avec les six partenaires. Elles se fondent sur une décision du Conseil de l’Union européenne du 4 juin 2026 : le Conseil avait autorisé les discussions en juin, et la décision (UE) 2026/1329 désigne la Commission comme négociatrice.
Il s’agit de six accords sectoriels distincts, un par pays, rattachés aux accords de stabilisation et d’association déjà en vigueur. Chaque procédure peut donc avancer à un rythme différent : l’annonce commune ne garantit pas une entrée en vigueur simultanée pour les six pays.
Le principe « Roam Like at Home » permet à un voyageur d’utiliser ses appels, SMS et données mobiles aux mêmes conditions tarifaires que dans son forfait national. Il s’applique dans l’Union européenne depuis 2017. Selon la Commission, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège en bénéficient également, ainsi que l’Ukraine et la Moldavie depuis le 1er janvier 2026.
Aujourd’hui, les tarifs internationaux habituels s’appliquent toujours
Les questions-réponses de la Commission européenne sur le roaming sont claires sur ce point : aucun délai n’est fixé pour la conclusion du processus. L’ouverture d’une négociation n’est pas un accord de roaming finalisé. En attendant une adhésion effective, c’est le forfait souscrit auprès de chaque opérateur qui détermine le coût des appels, SMS et données dans les six pays concernés.
Une entente volontaire existe déjà entre opérateurs de l’UE et des Balkans occidentaux pour réduire certains prix de données. Le Regional Cooperation Council décrit des plafonds de prix pour au moins une offre par opérateur, destinée à une large base de clients : depuis 2026, le gigaoctet y coûte moins de 14 euros dans une telle offre, et moins de 9 euros à partir de 2028. Ce n’est pas une garantie générale pour tous les forfaits, et chaque opérateur peut appliquer cette baisse via des options voyage spécifiques plutôt que sur l’ensemble de ses forfaits.
La mention « roaming inclus » qui figure sur de nombreux forfaits français concerne la zone Europe réglementée par l’UE, et non automatiquement les Balkans occidentaux. Un forfait avec appels illimités « vers et depuis l’Europe » ne rend pas non plus gratuit un appel passé depuis la France vers la Serbie ou l’Albanie : il s’agit d’un appel international classique, facturé séparément, et non de roaming. Le roaming commence lorsque le téléphone se connecte à un réseau mobile étranger.
Alignement réglementaire, supervision et évaluation positive
Avant toute adhésion, les six partenaires doivent transposer et appliquer intégralement la réglementation européenne sur le roaming. Selon le Conseil et la Commission, cela concerne non seulement les prix de détail, mais aussi les plafonds de tarifs de gros entre opérateurs et les règles de terminaison d’appel. Les autorités compétentes de chaque pays doivent en outre démontrer leur capacité à surveiller et faire respecter ces règles.
La Commission évalue ensuite si les conditions sont réunies. Une fois les accords conclus et l’alignement réglementaire validé, le Conseil doit décider de l’élargissement de la zone de roaming. C’est seulement l’entrée en vigueur effective de cette ouverture réciproque du marché qui permettra aux clients de l’UE de téléphoner, envoyer des SMS et utiliser des données mobiles sans surcoût dans le pays partenaire concerné, et inversement.
Cet enchaînement explique pourquoi la Commission ne donne aucune date. Les négociations portent non seulement sur des engagements politiques, mais aussi sur des plafonds tarifaires techniques, des compétences de supervision et des procédures d’application durable. Pour un voyageur, seule l’entrée en vigueur concrète compte, pas l’ouverture des discussions.
Quatre vérifications avant le prochain voyage
Checklist pratique
- Vérifier la zone tarifaire : dans l’application, la brochure tarifaire ou l’espace client de son opérateur, pour savoir à quelle zone le pays de destination est rattaché.
- Comparer prix des données et options voyage : une option data dédiée peut être plus avantageuse qu’une facturation au mégaoctet. Vérifier durée, volume et reconduction automatique.
- Surveiller le SMS d’alerte : à la connexion au réseau étranger, l’opérateur envoie un SMS avec les tarifs applicables pour ce séjour.
- Contrôler la sélection automatique du réseau : en zone frontalière, le téléphone peut se connecter au réseau d’un pays voisin. En cas de doute, choisir le réseau manuellement ou désactiver les données en itinérance.
Pour la navigation, les billets ou la messagerie, il peut être utile de télécharger cartes, titres de transport et documents importants en Wi-Fi avant le départ. En cas de carte SIM locale ou eSIM, mieux vaut vérifier la procédure de vérification d’identité, la validité, le volume de données et d’éventuelles restrictions de partage de connexion. Une offre locale n’est pas automatiquement moins chère qu’une option voyage déjà incluse dans son forfait.
Même « Roam Like at Home » n’est pas un forfait illimité sans limite
Même après une future adhésion, les garde-fous du roaming européen continueraient de s’appliquer. Le règlement (UE) 2022/612 sur le roaming autorise les opérateurs à appliquer une politique d’utilisation raisonnable (fair use). Elle vise à empêcher qu’une carte SIM à bas prix soit utilisée durablement et principalement dans un autre pays. Pour les forfaits data très généreux ou illimités, le volume utilisable à l’étranger peut être plafonné.
En France, l’Arcep, le régulateur des télécommunications, rappelle que les plafonds d’utilisation raisonnable doivent figurer dans les conditions contractuelles de chaque opérateur. Les numéros surtaxés, services à valeur ajoutée et connexions via des réseaux satellitaires ou maritimes peuvent également échapper aux règles habituelles de roaming.
Pour l’élargissement aux Balkans occidentaux, l’enjeu sera de savoir quelles règles s’appliqueront au moment de l’entrée en vigueur et comment elles seront mises en œuvre dans les six pays partenaires. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il sera possible de dire précisément quel volume de données sera utilisable sans surcoût pour un forfait donné.
Questions fréquentes
Puis-je déjà utiliser mon forfait français sans surcoût dans les Balkans occidentaux ?
Pas automatiquement. Les négociations ont commencé, mais aucune date d’entrée en vigueur n’est fixée. Tout dépend de la zone tarifaire et des conditions de votre opérateur.
Quels pays sont concernés ?
Les négociations portent sur l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie.
Les six pays rejoindront-ils la zone en même temps ?
Ce n’est pas garanti. L’UE mène des négociations bilatérales séparées, et chaque partenaire doit aligner, appliquer et faire respecter les règles européennes. Les procédures peuvent donc durer des durées différentes.
La règle s’applique-t-elle aussi aux appels passés depuis la France vers les Balkans occidentaux ?
Non. Le roaming concerne l’utilisation d’un forfait français dans un réseau mobile étranger. Un appel passé depuis la France vers un autre pays est une communication internationale classique, qui peut continuer à être facturée séparément.
Votre expérience
Avez-vous déjà payé des frais de roaming ou souscrit une option voyage pour un séjour dans les Balkans occidentaux ? Partagez votre expérience et le tarif appliqué en commentaire.
Sources et date
- Commission européenne : ouverture des négociations, 6 novembre 2026
- Commission européenne : questions-réponses sur le roaming
- Conseil de l’Union européenne : autorisation des négociations, 4 juin 2026
- Décision (UE) 2026/1329 du Conseil
- Règlement (UE) 2022/612 sur le roaming
- Regional Cooperation Council : baisses de prix volontaires UE–Balkans occidentaux
- Arcep : régulateur français des télécommunications
Recherche et données arrêtées au 7 novembre 2026.
Note de transparence : des outils assistés par l’IA ont été utilisés pour la recherche, la structuration et la rédaction de cet article. Les sources utilisées sont indiquées dans l’article. La publication n’intervient qu’après validation éditoriale manuelle.
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